Ouvrir une façade cumule trois chantiers en un. La façade est porteuse dans la quasi-totalité des constructions : il faut donc un linteau calculé. C'est aussi l'enveloppe du bâtiment : étanchéité, isolation et pont thermique se reprennent au droit de la découpe, sous peine d'infiltrations ou de condensation quelques hivers plus tard.
Et c'est enfin la partie du bâtiment que tout le monde voit — donc celle que l'administration encadre.
Si votre ouverture reste à l'intérieur du logement, rien de tout cela ne s'applique : voyez plutôt notre page sur la création ou l'agrandissement d'une ouverture intérieure.
Modifier l'aspect extérieur d'un bâtiment impose une déclaration préalable de travaux en mairie. Créer une baie vitrée là où il n'y avait rien, élargir une fenêtre, transformer une porte de garage : tout cela change l'aspect extérieur.
En copropriété, il faut aller plus loin : la façade est en règle générale une partie commune, y compris devant votre propre appartement. Une autorisation de l'assemblée générale est donc nécessaire, et le règlement de copropriété peut poser ses propres contraintes.
En secteur protégé ou aux abords d'un monument historique, l'Architecte des Bâtiments de France est consulté, et il peut imposer des dimensions, des matériaux ou des teintes de menuiserie. Ce sont des délais à anticiper : mieux vaut le savoir avant de commander la menuiserie que la veille de la pose.
Une façade porte les planchers et la toiture. Retirer une bande de mur pour y loger une baie de trois ou quatre mètres suppose de reporter ces charges sur un linteau et sur des appuis dimensionnés de part et d'autre.
Deux points passent souvent inaperçus. Les descentes de charges des étages supérieurs, qui se concentrent parfois exactement à l'endroit où l'on souhaite ouvrir. Et les fondations sous les futurs appuis : élargir une ouverture, c'est réduire les points d'appui et donc augmenter la charge sur chacun. Notre bureau d'étude vérifie les deux.
Au droit d'une ouverture neuve, l'isolation est interrompue et l'étanchéité aussi. Si le tableau, le seuil et l'appui ne sont pas traités, on obtient un pont thermique — de la condensation en hiver, des traces noires dans les angles, et une menuiserie neuve qui donne l'impression de mal isoler.
Le seuil mérite une attention particulière : c'est par là que l'eau entre. Rejingot, pente, rupture capillaire, raccord avec le revêtement extérieur — ces détails ne coûtent presque rien pendant le chantier et très cher après.
Relevé de l'existant, descente de charges, dimensionnement du linteau et vérification des appuis et des fondations. Vous repartez avec la note de calcul, qui sert aussi de pièce au dossier de déclaration préalable et à l'assemblée générale.
Étaiement calculé, protection de l'intérieur, et mise en place des moyens d'accès extérieurs — échafaudage ou nacelle selon la hauteur.
Sciage au disque, sans percussion : la façade voisine, les menuiseries en place et les enduits ne subissent aucune vibration. Sur les murs très épais, en pierre ou en béton banché, le câble diamanté prend le relais. Les blocs sont sortis de façon maîtrisée, pas fait tomber.
Pose et calage du linteau, report des charges, dépose de l'étaiement, puis traitement des tableaux, du seuil et de l'appui pour rétablir l'isolation et l'étanchéité.
Chaque ouvrage est différent : nous chiffrons sur pièces plutôt que sur une grille. Voici ce qui pèse réellement dans le devis.
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